intervention de notre conseillère communale au conseil du 24 avril 2012

Publié le samedi 12 mai 2012

Je crois que je n’étonne personne, je vais vous parler des arbres.

1/ Quand j’ai préparé cette interpellation, j’ai hésité entre ces 2 mots : « omerta » et « omnipotence ». C’est-à-dire loi du silence et pouvoir absolu. En fait les deux sont valables dans le cas présent. Le 28 mars dernier, lors du dernier conseil communal, et comme plusieurs fois auparavant, j’ai posé la question de la nouvelle liste des arbres remarquables et notamment de la présence sur cette liste de l’arbre à clous de la rue de la Renardise. J’ai reçu de Damien Sauvage, échevin, la réponse affirmative et « sympathique » : je ne devais pas m’en faire. Silence radio du reste du collège, alors que ce même collège savait depuis près d’un an que cet arbre serait abattu quelques jours plus tard, puisque la demande de permis d’urbanisme pour l’abattage est signée par M. Friart en date du 20 septembre 2011. Le permis d’abattage est accordé par M. Stokis, de la Région wallonne, un peu plus d’un mois plus tard. L’arbre est malade, creux, rongé par un champignon lignivore. Le même sort est jeté pour son jumeau pour des raisons esthétiques et en prévision de la replantation de jeunes arbres. L’abattage des deux marronniers de plus de 3 mètres de circonférence et d’une telle hauteur, c’est un budget approximatif de 3.000 €. Dans ce cas-ci, pas d’information au conseil, rien au collège à ce sujet (en tous cas dans la farde d’informations), pas d’affichage public pourtant précisé comme étant obligatoire dans le permis d’abattage. C’est une entreprise, relation amicale d’un membre du collège, qui a été chargée du travail. Ceci pour le côté administratif. Venons-en aux aspects culturel, patrimoine local, touristique et de croyance populaire.

Un arbre à clous, qu’est-ce que c’est ? Dans la tradition populaire, cet arbre est un arbre guérisseur, invoqué pour les maladies de la peau, venu des traditions païennes et introduit dans les croyances religieuses, car souvent flanqué d’une chapelle (ici, Notre-Dame de Bon Secours). Le nôtre est ancré dans la mémoire des plus anciens de notre commune, visité par les grands-parents et leurs petits-enfants, connu comme point de repère parles automobilistes et les cyclistes.

Je pense très sincèrement que par respect pour les Rhodiens, il était de votre devoir d’informer de l’abattage de ces arbres et non de le faire en catimini. Pour beaucoup, ce coin du Roeulx scalpé est maintenant un choc. Ceci n’est pas un plaidoyer pour la sauvegarde des arbres malades et dangereux mais une simple demande de respect pour les habitants du Roeulx.

2/ Parlons maintenant des cèdres du cimetière. Sous la mandature précédente, et à la demande de M. Bombart, il fut décidé à l’unanimité par le conseil communal de la plantation de cèdres du Liban sous forme de haie, étant donné la petitesse des plants à l’époque (2004) au cimetière du Roeulx. Et voilà que d’autorité, sept ans plus tard, vous prenez la décision de couper une grande partie de ces cèdres pour en faire des décorations de Noël lors des fêtes de fin d’année 2011. Cette décision de coupe devait être votée par le conseil communal. Non seulement ça n’a pas été fait, mais l’information n’a été donnée à personne. C’est ma connaissance des arbres qui m’a fait remarquer cette aberration.

Si ces arbres gênaient pour des travaux, d’autres solutions étaient possibles comme les proposer aux habitants, en planter quelques uns dans l’entité ou simplement les vendre, avec l’accord du conseil, ou bien surtout, comme ce fut décidé en 2004, les offrir à l’ambassade du Liban pour replantation dans leur pays d’origine.

Renseignements pris auprès d’un pépiniériste compétent, un cèdre du Liban (Cedrus libani) de 1,50 à 2 m vaut entre 75 et 100 € pièce. Cet arbre remarquable est fort rare. Il existe d’ailleurs un comité de sauvegarde international. Les 2 plus vieux spécimens survivants au Liban sont contemporains du roi Salomon. Il n’en reste que 375 recensés dans le Nord du Liban. Détruit par les guerres, surexploité pour son bois imputrescible, insecticide naturel, il disparaît petit à petit. Et ici au Roeulx on s’en débarrasse impunément. C’est incompréhensible.

3/ Ce troisième point est une demande d’explication concernant les inscriptions d’office au registre de la population. Sur quels critères se base-t-on ? Doit-il y avoir plainte ou simple constat de police ? Pour cette question, je me base sur des PV du collège concernant des inscriptions d’office, et sur les articles 12 et 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Josiane Cornez

Portfolio

ND de Bon Secours rue de la Renardise